L'article 8 de la Charte — un rempart solide
L'article 8 de la Charte canadienne des droits et libertés protège chacun contre les fouilles, perquisitions et saisies abusives. Cette protection n'est pas une formalité : elle reflète l'idée fondamentale que l'État ne peut entrer chez soi, fouiller ses effets ou saisir ses biens sans justification rigoureuse.
Dans l'arrêt fondateur Hunter c. Southam Inc., [1984] 2 R.C.S. 145, la Cour suprême a posé les balises encore appliquées aujourd'hui : pour qu'une perquisition soit raisonnable, elle doit, en règle générale, être autorisée par la loi, fondée sur des motifs raisonnables appréciés par un arbitre indépendant et impartial, et la loi qui l'autorise doit elle-même être raisonnable.
« Toute perquisition sans mandat est présumée abusive. C'est à la Couronne de la justifier — pas à la défense de prouver qu'elle ne l'était pas. »
Cette présomption est précieuse pour la défense : elle signifie que, dès qu'on démontre l'absence de mandat, le fardeau bascule. La Couronne doit alors établir que la perquisition était autorisée par la loi, qu'elle était fondée sur des motifs suffisants, et qu'elle a été exécutée raisonnablement.