Histoire de la Cour suprême du Canada
La Cour suprême du Canada a été créée par la Loi sur la Cour suprême et la Cour de l'Échiquier, sanctionnée le 8 avril 1875 sous le gouvernement d'Alexander Mackenzie. À sa fondation, elle ne constituait toutefois pas le tribunal de dernier ressort : pendant près de trois quarts de siècle, les justiciables canadiens pouvaient en appeler de ses décisions au Comité judiciaire du Conseil privé, siégeant à Londres.
Cette autorité externe a duré jusqu'à l'abolition complète des appels au Conseil privé, intervenue en 1949. C'est à partir de ce moment que la Cour suprême est véritablement devenue le tribunal de dernière instance pour l'ensemble du droit canadien — qu'il soit fédéral, provincial, civil ou criminel.
« La Cour suprême tranche les questions qui touchent l'ensemble du pays — en français, en anglais, en common law et en droit civil. »
Depuis 1946, la Cour siège dans son édifice emblématique de la rue Wellington, à Ottawa, conçu par l'architecte Ernest Cormier. L'enchâssement de la Charte canadienne des droits et libertés dans la Loi constitutionnelle de 1982 a profondément transformé le rôle de la Cour : elle est devenue, depuis, l'arbitre ultime des droits fondamentaux des Canadiens, et un acteur central de l'évolution du droit criminel canadien.
1875Création de la Cour
Adoption de la Loi sur la Cour suprême et la Cour de l'Échiquier. La Cour est composée à l'origine de six juges.
1927Élargissement à sept juges
Le nombre de juges passe de six à sept afin d'élargir la représentation et la capacité décisionnelle de la Cour.
1933Abolition des appels en matière criminelle au Conseil privé
Le Parlement met fin aux appels au Comité judiciaire du Conseil privé pour les affaires criminelles.
1946Inauguration de l'édifice actuel
La Cour s'installe dans le palais de justice conçu par Ernest Cormier, sur la rue Wellington à Ottawa.
1949Tribunal de dernier ressort
Abolition complète des appels au Conseil privé. La Cour devient officiellement le plus haut tribunal du pays. Le nombre de juges est porté à neuf.
1982L'ère de la Charte
Avec la Charte canadienne des droits et libertés, la Cour devient l'arbitre ultime des droits fondamentaux. Le droit criminel canadien est profondément remodelé par sa jurisprudence.
2000Modernisation procédurale
Adoption de Règles de la Cour suprême modernisées qui encadrent la présentation des demandes d'autorisation et des appels.